10.1 RETOUR SUR TERRE

 

                                                                         

-" Insertion dans la dimension 57 réalisée."

La voix de synthèse de l'ordinateur de bord annonçait à notre réveil que le basculement s'était bien passé. Nous arrivions dans la dimension des hommes. Le gel des coques de pilotage fut alors aspiré, nous laissant à nouveau libres de nos mouvements. Je voyais dans la sphère de contrôle la centaine de soucoupes valantes qui nous accompagnait, et Je leur lançais un appel de reconnaissance. Elles se signalèrent sans exception par un clignotement caractéristique - tout allait bien. L'ordinateur précisa notre position. Nous nous trouvions au bord de la galaxie du Sombréro M.104, et il restait un bon chemin à faire Jusqu'au système solaire. Le trajet fut immédiatement calculé et nous atteindrions la planète Terre après deux basculements et 16 U. L'écran de contrôle nous montrait le paysage particulier de la dimension 57, avec ses galaxies en spirales qui s'enroulaient autour de leur centre compact. Devant ce spectacle, Jacqueline se sentait déjà chez elle et parla, dès qu'elle le put, d'envie de manger une "socca" dans le vieux Nice. Je n'eus pas le temps de demander plus de précisions car nous fûmes à nouveau baignés dans le gel des coques de navigation et les humains maîtrisaient mal la télépathie.

Le voyage jusqu'à la " Voie lactée " fut bref. Après 4 U., nous émergeames prés de Sirius, une belle étoile de cette galaxie. Après le basculement suivant, l'astre solaire apparut dans notre sphère de contrôle.

Je m'assurais de la présence de tous nos compagnons à proximité, et nous pûmes alors naviguer à vue. Nous croisâmes Neptune sous son atmosphère turbulente et ses anneaux de matière. Puis ce fut la planète Uranus et ses quinze satellites alors que Saturne et Jupiter, massives, approchaient. Passée la rougeoyante Mars la fameuse planète bleue se dessinait maintenant plus précisément sur l'écran frontal. Une U. suffit pour atteindre son petit satellite.

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Nous décidâmes de faire une halte sur la surface accidentée de la Lune et nous nous posâmes sur sa partie invisible depuis la Terre - La technologie humaine n'était pas bien avancée mais mieux valait-il minimiser les risques de repérage. Jacqueline s'approcha d'un hublot latéral et contempla le sol stérile et gris sur lequel nous nous trouvions. Puis, comme Si elle oubliait les distances extraordinaires qu'elle avait parcourues, elle murmura :

-" Si j'avais su que j'irais un jour sur la Lune."

La proximité de la planète Terre la ramenait sans doute aux dimensions de sa civilisation. La centaine de soucoupes volantes habillait maintenant les flancs de ce large cratère poussiéreux qui n'avait pas vu de touristes depuis bien longtemps. Je regardais aussi par un hublot, satisfait de ne pas habiter dans cette région.

-"Pas trop de bars à liqueurs ouverts par ici." Dis-je à la jeune femme et, à son léger sourire en coin, je sus que je commençais à cerner l'humour des Terriens. Heureusement, la nuit commençait à tomber sur la zone européenne de la planète bleue, ou nous comptions arriver le plus discrètement possible - Nous primes le temps de nous restaurer confortablement avant de décoller en direction de ces régions dites méditerranéennes. Les contours de la péninsule de l'Europe se dessinaient sous le voile des fluctuations météorologiques et nous pénétrâmes en douceur dans l'atmosphère terrestre. Après une U., notre flottille d'aérodynes survolait en silence, dans la pénombre, le relief de la région de Digne, une ville de la France du sud. Des témoins, il y en aurait sans doute mais, grâce à notre brouillage radar, les autorités feraient passer l'événement pour une quelconque manifestation météorologique. Jusqu'à présent elles avaient toujours procédé ainsi par prudence ou par orgueil, nous ne le savions pas trop. Nous nous posâmes sur une large colline non loin d'un village nommé " La Javie ". Le système de miroirs inversement réfléchissants, installé sur les parois de nos aérodynes, fondait parfaitement nos engins dans le décor environnant et, à ce camouflage visuel, s'ajoutait une émission radar ajustée sur celle des éléments du coteau Nous étions ainsi parfaitement invisibles aux sens et a la technologie humaine. Seul un promeneur hasardé aurait pu cogner sa tête contre un bord incohérent de ce paysage rocailleux mais, d'après Jacqueline, il ne passait jamais personne ici. Notre mission était cette fois d'importance, et elle ne permettait pas l'erreur faite lors d'un précédent voyage d'étude dans le petit village de Trans-en-Provence, situé non loin de là. Nous débarquions des soucoupes et, avec la centaine de mes frères Drhyz, nous nous mimes en cercle pour un dernier briefing.

-" Le plus simple est d'éclaircir les points encore sombres. Qui veut d'autres précisions ?" Demandais-je.

Un frère qui venait pour la première fois sur cette planète prit la parole :

-" Quels sont les critères de sélection des couples d'humains à ramener ?

-" Tu vas vite les trouver tout seul." Répondit aussitôt un autre qui connaissait déjà la Terre.

Un silence indiqua que tous étaient désormais au point.

-" Rendez-vous chacun avec deux couples d'humains ici-même dans 200 U." Dis-je,

Et notre groupe se disloqua.

la suite

 

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